A — B — C
Appareillage
Manière d'assembler et de disposer les pierres dans un mur ou un dallage. L'appareillage détermine l'aspect visuel final et la solidité de l'ouvrage. On distingue l'appareillage régulier (pierres de taille rectangulaires en rangs horizontaux), l'appareillage irrégulier (opus incertum) et l'appareillage polygonal (pierres à plusieurs faces).
Ardoise
Roche métamorphique feuilletée, généralement gris-bleu, issue de schistes argileux. Très utilisée en couverture et en habillage mural. Les grandes carrières françaises se trouvent en Anjou (Trélazé), en Bretagne et dans les Pyrénées.
Assise
Rang horizontal de pierres dans un mur. La première assise (rang de fondation) est la plus importante car elle conditionne la stabilité et le niveau de l'ensemble. Elle est généralement composée des pierres les plus larges et les plus stables.
Basalte
Roche volcanique noire ou gris foncé, très dure (6 sur l'échelle de Mohs) et très dense. Très utilisé en Auvergne et dans les régions volcaniques pour les murets, les pavés et les dallages extérieurs. Résistance au gel excellente.
Blocage
En pierre sèche, désigne le remplissage de pierrailles et de petits éclats de pierre qui garnit l'espace entre les deux parements d'un mur. Un bon blocage est composé de pierres dures (jamais de terre ou de sable) soigneusement tassées à chaque rang.
Boutisse
Pierre posée perpendiculairement au parement d'un mur, qui traverse toute son épaisseur d'un côté à l'autre. Les boutisses "cousent" les deux parements et garantissent la cohésion du mur. En pierre sèche, une boutisse est placée environ tous les 60 à 80 cm en longueur et à chaque rang de hauteur.
Calade
Technique provençale traditionnelle de dallage en galets de rivière ou en petits moellons dressés sur la tranche (sur chant). Les pierres sont disposées serrées et jointées à la chaux ou simplement sur sable. Les calades sont caractéristiques des centres-villes provençaux et du pourtour méditerranéen. Cette technique réalise des décors géométriques ou figuratifs très élaborés.
Calcaire
Roche sédimentaire composée principalement de carbonate de calcium (CaCO₃). C'est la pierre la plus utilisée en France pour la construction et la décoration. On distingue de nombreuses variétés selon leur densité : calcaire tendre (craie, tuffeau), calcaire dur (Bourgogne, Provence), calcaire oolithique. Sensible aux acides et au gel si poreux.
Choin
Calcaire très compact et très dur, capable de résister à la taille fine. Le choin était utilisé pour les pièces sculptées et les éléments décoratifs (chapiteaux, modénatures) dans l'architecture classique.
Corniche
Élément horizontal en saillie qui couronne un mur ou une façade. En pierre naturelle, elle est souvent taillée dans une seule pièce et sert à protéger le parement en déportant les eaux de ruissellement.
D — E — F
Dalle
Pierre plate d'épaisseur variable (2 à 10 cm) utilisée pour les dallages de sol. Peut être sciée (régulière) ou brute (irrégulière). La dalle sciée garantit une épaisseur constante facilitant la mise en œuvre, tandis que la dalle brute donne un rendu plus naturel.
Délit (mis en délit)
Se dit d'une pierre posée perpendiculairement à son sens de feuillet naturel. Une pierre mise en délit est fragilisée et peut éclater sous l'effet du gel ou de la charge. Dans les règles de l'art, une pierre est toujours posée "dans son lit" (sens horizontal naturel de la carrière).
Efflorescence
Dépôt blanc poudreux qui apparaît en surface d'un mur ou d'un dallage. Causé par la remontée et l'évaporation des sels minéraux solubles (sulfates de calcium ou de sodium) contenus dans le mortier ou le béton. Les efflorescences sont inesthétiques mais rarement structurelles. Elles se traitent avec des produits à base d'acide dilué après séchage complet de la maçonnerie.
Fruit
Inclinaison légèrement vers l'intérieur du parement d'un mur de soutènement ou d'un muret. Le fruit améliore la stabilité de l'ouvrage en abaissant son centre de gravité. La règle courante est un fruit de 10% de la hauteur totale du mur (10 cm de recul pour 1 m de hauteur).
G — H — I — J
Gélivité
Sensibilité d'une pierre à la dégradation par le gel. Une pierre gélivée est une pierre dont la porosité élevée lui permet d'absorber l'eau qui, en gelant, augmente de volume et provoque des éclatements, des feuilletages ou des fissurations. La gélivité est mesurée par des tests normalisés (EN 12371).
GNT (Granulat Non Traité)
Mélange de graviers et de sables de granulométrie 0/31,5 mm utilisé comme couche de fondation sous les dallages et les allées. Économique et disponible partout, il doit être compacté à la plaque vibrante pour être efficace.
Granite / Granit
Roche magmatique plutonique composée de quartz, feldspaths et micas. Très dure (6–7 Mohs), peu poreuse, résistante au gel et à l'usure. C'est la roche de construction la plus utilisée dans les régions où elle affleure (Bretagne, Vosges, Massif Central, Pyrénées). Attention : "granit" sans "e" final est la graphie professionnelle du commerce de la pierre.
Grès
Roche sédimentaire formée par cimentation de grains de sable. Dure (5–7 Mohs), texture naturellement rugueuse (antidérapante), teintes chaudes (ocre, rouille, beige). Très utilisé pour les terrasses et allées extérieures. Le grès vosgien (rouge caractéristique) est emblématique de l'Alsace-Lorraine.
Hydrofuge
Traitement de protection qui imperméabilise une pierre poreuse en pénétrant dans ses pores et en créant une barrière invisible contre l'eau. La pierre reste respirante (vapeur d'eau passe) mais l'eau liquide est repoussée (effet perle). Doit être renouvelé tous les 3 à 5 ans en extérieur.
L — M — N
Liaisonnement
Règle fondamentale de la maçonnerie : les joints verticaux de deux rangs successifs ne doivent jamais s'aligner. Chaque pierre doit chevaucher au minimum les joints du rang inférieur. Le non-respect du liaisonnement crée des failles de continuité qui fragilisent dramatiquement le mur.
Marbre
Calcaire cristallisé par métamorphisme, présentant des veinages colorés caractéristiques. Dureté 3–4 Mohs. Sensible aux acides et aux abrasifs. Utilisé exclusivement en intérieur en France en raison de sa sensibilité aux pluies acides. Les grands gisements français se trouvent dans les Pyrénées (marbre de Carrare français) et en Provence.
Moellon
Pierre brute ou grossièrement équarrie, de taille modeste (15 à 40 cm), utilisée pour la construction de murs. Par opposition à la pierre de taille (taillée avec précision), le moellon conserve une forme irrégulière. Les moellons calcaires sont la matière première du muret traditionnel provençal.
O — P — Q
Opus incertum
Appareillage de dalles ou moellons de forme irrégulière posés comme un puzzle, sans rang horizontal défini. Le résultat est un dallage ou un parement naturel et pittoresque, très caractéristique des terrasses et cours provençales. Demande plus de savoir-faire que les grands formats réguliers (il faut "trier" et choisir les pierres complémentaires).
Opus romain
Appareillage combinant trois formats de dalles différents (généralement en rapport 1:2:4) disposés selon une règle qui évite les alignements de joints. Donne un aspect plus ordonné que l'opus incertum tout en conservant une certaine irrégularité visuelle. Très utilisé sur les terrasses contemporaines.
Parement
Face visible d'un mur ou d'un ouvrage en pierre. Le parement extérieur est la face exposée au regard et aux intempéries. La qualité du parement détermine l'esthétique finale de l'ouvrage. On distingue le parement "brut de pose", le parement "piqué" (travaillé à la pointe) et le parement "poli".
Pierre de taille
Pierre extraite de carrière, taillée avec précision à l'équerre et aux dimensions requises par l'architecte ou le maçon. Par opposition au moellon, la pierre de taille a des faces planes et des angles vifs. Utilisée pour les encadrements de fenêtres, les chaînes d'angle, les voûtes et tous les éléments architecturaux nécessitant précision et régularité.
Quartzite
Roche métamorphique issue du grès, composée quasi exclusivement de quartz. Très dure (7 Mohs), faible porosité, excellente résistance au gel et à l'usure. Disponible en teintes variées (beige, bleu, vert, blanc). Excellent compromis entre l'esthétique du calcaire et la résistance du granit.
R — S — T — V
Relevage
Opération de restauration d'un muret en pierre sèche dégradé consistant à démonter le mur pierre par pierre (en les marquant si possible), à reprendre la fondation, puis à reconstruire en respectant les règles de l'art. C'est la seule méthode correcte pour restaurer un mur en pierre sèche — le rejointoyage au mortier est à proscrire.
Schiste
Roche métamorphique feuilletée dont l'ardoise est la variété la plus connue. Le schiste se délite naturellement en plaquettes, ce qui lui donne son aspect caractéristique. Très utilisé pour les murets de soutènement dans les régions ardoisières (Anjou, Pyrénées, Ardennes).
Travertin
Calcaire sédimentaire déposé par les sources thermales, caractérisé par ses pores et alvéoles naturels. Teintes chaudes (crème, noix, or). Très utilisé pour les sols intérieurs et les margelles de piscine. Les pores peuvent être bouchés (travertin bouché) ou laissés apparents pour un rendu plus rustique.
Voussoir
Pierre taillée en forme de trapèze utilisée pour la construction d'arcs ou de voûtes. Les voussoirs sont organisés en éventail autour d'une clé de voûte centrale. La construction d'arcs en pierre naturelle sans mortier (arc en pierre sèche) est possible mais demande un grand savoir-faire.